Il n’est pas anodin que la Vierge Marie, plus précisément l’étoile puis Notre-Dame des étoiles et l’ange, apparaissent le 11 novembre 1948 à Tournai, ville natale de Clovis et donc berceau de l’Europe chrétienne. En effet, en Belgique comme en France, le 11 novembre commémore la signature de l’armistice du 11 novembre 1918 après la Première Guerre mondiale. Après la Seconde Guerre mondiale, Pie XII, dans son discours du 11 novembre 1948 au congrès international de l’union européenne, enseigna que pour que la paix soit durable, il lui faut considérer les « racines chrétiennes » de l’Europe et « recenser parmi les droits de l'homme ceux de la famille, parents et enfants ».
Pie XII, radio message.
Jeudi 11 novembre 1948 : Près de chez ma tante, le soir.
Pie XII, radio message.
Extraits de : Pie XII, discours du 11 novembre 1948 au deuxième congrès international de l'union européenne des fédéralistes. https://www.vatican.va/content/pius-xii/fr/speeches/1948/documents/hf_p-xii_spe_19481111_nous-sommes.html
Personne, croyons-Nous, ne pourra refuser de souscrire à cette affirmation qu'une Europe unie, pour se maintenir en équilibre et pour aplanir les différends sur son propre continent — sans parler ici de son influence sur la sécurité de la paix universelle —, a besoin de reposer sur un base morale inébranlable. Où la trouver cette base ? Laissons l'histoire répondre : il fut un temps où l'Europe formait, dans son unité, un tout compact et, au milieu de toutes les faiblesses, en dépit de toutes les défaillances humaines, c'était pour elle une force ; elle accomplissait, par cette union, de grandes choses. Or, l'âme de cette unité était la religion, qui imprégnait à fond toute la société de foi chrétienne.
Une fois la culture détachée de la religion, l'unité s'est désagrégée. À la longue, poursuivant comme une tache d'huile son progrès lent mais continu, l'irréligion a pénétré de plus en plus la vie publique et c'est à elle, avant tout que ce continent est redevable de ses déchirements, de son malaise et de son inquiétude.
Si donc l'Europe veut en sortir, ne lui faut-il pas rétablir, chez elle, le lien entre la religion et la civilisation ?
C'est pourquoi Nous avons eu grand plaisir à lire, en tête de la résolution de la Commission culturelle à la suite du Congrès de La Haye en mai dernier, la mention du « commun héritage de civilisation chrétienne ». Pourtant, ce n'est pas encore assez tant qu'on n'ira pas jusqu'à la reconnaissance expresse des droits de Dieu et de sa loi, tout au moins du droit naturel, fond solide sur lequel sont ancrés les droits de l'homme. Isolés de la religion, comment ces droits et toutes les libertés pourront-ils assurer l'unité, l'ordre et la paix ?
Et puis, oubliera-t-on encore de recenser parmi les droits de l'homme ceux de la famille, parents et enfants ? L'Europe unie ne peut se bâtir sur une simple idée abstraite. Elle a pour support nécessaire des hommes vivants. Qui seront-ils ? Bien difficilement les anciens dirigeants des vieilles puissances européennes : ils ont disparu ou n'ont plus d'influence. Moins encore les éléments d'une masse telle que Nous l'avons définie dans Notre message de Noël 1944 : la vraie démocratie avec son idéal de saine liberté et égalité n'a pas d'adversaire plus redoutable.
Reste donc à nous demander d'où viendra l'appel le plus pressant à l'unité européenne ? Il viendra des hommes aimant sincèrement la paix, des hommes d'ordre et de calme, des hommes qui — tout au moins d'intention et de volonté — ne sont pas encore « déracinés » et qui trouvent dans la vie de famille, honnête et heureuse, le premier objet de leur pensée et de leur joie. Voilà ceux qui porteront sur leurs épaules l'édifice de l'Europe unie. Tant qu'on fermera l'oreille à leur appel, on ne fera rien de durable, rien qui soit à la mesure des crises présentes.
[…] En tout cas, avec la plus vivante sympathie, Nous prions le Père des lumières de vous éclairer, de vous assister dans vos travaux et de bénir vos efforts tendus vers la paix si ardemment convoitée.
Jeudi 11 novembre 1948 : Près de chez ma tante, le soir.
« Je promets à toutes les personnes qui réciteront le chapelet le 2 de chaque mois, que, si elles vont en purgatoire, j’irai les chercher le lendemain de leur mort pour enfin jouir du bonheur éternel. »
Saint Paul prie pour que les croyants soient irréprochables « lors de l’Avènement de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints » (1Thess 3, 13). Il en est de chaque individu comme pour le monde : à l’heure de la mort, le défunt rencontre non seulement le Christ (Jn 5, 25) mais aussi tous les saints, et aussi la Vierge Marie. Saint Jérôme, en l’an 384, écrivait : « Quel beau jour ce sera, quand Marie, la mère du Seigneur, s’avancera vers toi escortée des chœurs virginaux... »[1]. Ainsi, il n’est pas du tout étrange de dire – comme ce message de Tournai - que sainte Marie viendra nous chercher quand nous serons morts.
Le message de Tournai parle aussi d’une indulgence qui abrège le purgatoire. Il existe déjà dans l’Église des promesses analogues liées à certaines dévotions. Par exemple, une apparition de Marie à saint Simon Stock, le 16 juillet 1251, avait donné aux Carmes le scapulaire en promettant la libération du Purgatoire « le samedi après la mort »[2], sous certaines conditions, que le pape Léon XIII a résumé : - porter le scapulaire, - vivre la chasteté selon son état (il y a aussi une manière de vivre chastement l’union conjugale), - prier le petit office de la Vierge Marie ou le chapelet[3].
Évidemment, si quelqu’un veut mourir dans ses péchés en ennemi de Dieu, il n’est pas dans les conditions requises.
Oui, la prière du chapelet, pratiquée avec persévérance pendant notre vie, nous aidera aussi à l’heure de la mort.
Oui, Notre-Dame nous adresse un message de miséricorde et d’espérance.
La précision de la promesse donnée à Tournai - « Je promets à toutes les personnes qui réciteront le chapelet le 2 de chaque mois, que, si elles vont en purgatoire, j’irai les chercher le lendemain de leur mort pour enfin jouir du bonheur éternel » - s’inscrit dans la tradition de l’Église, qui a toujours été riche de moyens très concrets.
Saint Jérôme, Lettre 22, à Eustochium §41
Cf. Fr. Philippe de Jésus-Marie, o.c.d.,Le secret du Carmel, le scapulaire et la vie mariale, Editions du Carmel, Toulouse 2010, p. 18
Cf. Pape Léon XIII dans le Décret de la Congrégation des Indulgences en juin 1901