De Tournai à Kibeho

Nd kibeho

Nde statue

Les apparitions de Kibého au Rwanda ont commencé le 28 novembre 1981, au cœur de la région des grands lacs en Afrique, dans une école secondaire de filles, à Alphonsine Mumureke.  Puis, le mardi 2 mars 1982, Marie Claire Mukangango a sa première apparition. C’est elle qui reçoit la demande de la Vierge que l’on prie le chapelet des sept douleurs. Alphonsine Mumureke, Marie Claire Mukangango et Nathalie Mukamazimpaka - ont transmis de la part de leur céleste visiteuse des prières et des chants.

La date du 2 mars rappelle les apparitions (présumées)de Tournai, qui ont commencé le mardi 2 mars 1948.  Marguerite Choisey : « Mardi 2 mars 1948 : Dans la cour de l’école, au-dessus de la grotte, le midi. J’ai vu une étoile ».

Des visiteurs Rwandais ont remarqué la similitude entre la statue de Notre Dame des étoiles et Notre Dame de Kibého.

Or, l’église Notre Dame auxiliatrice à Tournai possède dans la nef sept vitraux qui représentent les 7 douleurs de la très sainte Vierge Marie. Le chapelet des Sept Douleurs de la Vierge Marie fait partie des dévotions mariales relativement anciennes dans l’Ordre des Servites de Marie. « Il y eut un temps où même au Rwanda ce chapelet était connu, mais uniquement dans un cercle restreint. C’est la voyante Marie Claire Mukangango qui en parle de nouveau comme un message livré par la Vierge Marie à Kibého. De plus, l’apparition apporta quelques spécificités à cette prière traditionnelle.

Voici donc la structure du Chapelet des Sept Douleurs selon la spécificité de Kibého.

Le chapelet des Sept Douleurs devrait commencer par cette prière : « Mon Dieu, je t’offre ce Chapelet des Sept Douleurs pour ta sainte gloire et pour honorer ta Sainte Mère en méditant et en partageant sa douleur avec Elle. Je t’en supplie, donne-moi de regretter les péchés que j’ai commis, aide-moi à être doux et humble comme je le dois, afin de pouvoir obtenir toutes les indulgences qu’il contient ».

On récite ensuite trois fois le « Je vous salue Marie » et la supplication « Mère de Miséricorde, rappelez-nous tous les jours la Passion de Jésus. »

La douleur de Marie est annoncée, on récite un Notre Père, sept fois le « Je vous salue Marie » et ensuite la supplication : « Mère de Miséricorde, rappelez-nous tous les jours la Passion de Jésus. » 

Marie demande ensuite de prononcer les paroles de l’acte de contrition pour nos péchés devant Dieu :

« Seigneur, j’ai le regret de tous les péchés que j’ai commis contre Toi, car ils me jettent dans le désaccord avec Toi et ils me séparent de Toi alors que Tu me tiens en vie et que Tu viens à mon secours infiniment ; et je les regrette infiniment car ce sont eux qui ont fait tuer Jésus-Christ, ton Fils que tu aimes. Père, sauve-moi d’eux, je ne veux pas les répéter, je veux être à Toi, Amen. 

Voici les sept douleurs que l'on médite : 

  1. Le vieillard Siméon annonce à Marie que son fils sera en butte à la contradiction. (Lc 2,25-35)
  2. Le massacre à Bethléem et la fuite en Égypte, la souffrance de l’exil. (Mt 2,13-15)
  3. La disparition de Jésus à douze ans. (Lc 2,41-52)
  4. Marie voit son fils chargé de la croix. (Lc 23,27)
  5. Marie debout au pied de la Croix. (Jn 19,25-27)
  6. Marie reçoit le corps inanimé de son Fils. (Jn 19,38-40)
  7. Marie au tombeau de Jésus. (Jn 19,41-42)

Diapositive1

Diapositive2Diapositive3

Après la septième douleur, on récite la prière de conclusion :
« Reine de Martyrs, ton âme a été éprouvée dans un océan de douleurs ; je t’en supplie, en souvenir des larmes que Tu as versées pendant ce mystère, daigne m’obtenir et à tous les pécheurs une entière contrition »
Et trois fois :
« Cœur profondément et Immaculé de la Vierge Marie, priez pour nous qui avons recours à vous ».

Marie a demandé que ce chapelet soit récité particulièrement les jours suivants :
Les mardis en souvenir des premières apparitions (2 mars 1982)
Les vendredis,
Durant le carême,
La veille des fêtes de Jésus qui nous rappellent sa passion, en particulier le 14 et 15 septembre.

La Vierge a révélé que, « pour que cette prière ait de la valeur, la personne qui la prie doit compatir avec Marie, entrer dans ses douleurs et également souffrir. » Par exemple, concernant la première douleur, les paroles de Siméon lors de la présentation de Jésus au temple, « il faut transférer cette situation sur sa propre vie et imaginer que quelqu’un va arriver et dira que ton cœur sera transpercé par une épée sans raison, que ton enfant sera tué. La Mère douloureuse a avoué qu’ "à ce moment, mon cœur s’est déchiré en deux. J’ai senti comme une épée le transpercer"».

S’il est bien récité dans l’intention d’adorer le Sauveur, il possède des propriétés pédagogiques suscitant dans le cœur le dégoût des péchés qui, chaque fois, crucifient Jésus à nouveau. La personne méditant ce chapelet est encouragée à faire des actes de pénitence, et les joignant ensuite intérieurement au mystère de la Croix de Jésus, s’unissant à ses souffrances et aux douleurs de sa Mère. Ce chapelet est un remède pour les maux de notre époque se caractérisant par la négation du péché, et, lié à cela, l’absence de regret et de besoin de conversion/

Au moment de la reconnaissance des apparitions, Mgr Misago demanda « que le Chapelet des Sept Douleurs soit inclus dans les dévotions à promouvoir au sanctuaire de Kibého et partout ailleurs »[1].  

Le lien avec les apparitions de Tournai est évident :

Le jeudi 25 janvier 1951, Marguerite Choisey a vu « un cœur percé d’un poignard ». L’ange lui a dit : « Le cœur est le cœur de la Sainte Vierge, et le poignard, la souffrance qu’elle éprouve en voyant que les croyants ne pensent pas assez à leurs frères ».

A Tournai, la pédagogie des messages rappelait déjà le bien et le mal, le péché mortel (ou l’enfer), et le purgatoire, notamment :

Le mercredi 15 juin 1948 : Près de chez ma tante, le soir. La Vierge m’a dit : « Je vais donc maintenant vous montrer le purgatoire : le voici. ». À ces paroles, il apparut devant moi, puis disparut. J’ai demandé : « Irai-je au ciel ? » « Oui, vous irez au Ciel. Vous décrirez au monde l’horreur du purgatoire ».

Marguerite Choisey a aussi transmis la prière de l’ange que Jésus désire que le monde dise le matin (message du 4 juillet 1948) :

« Seigneur, ayez pitié de moi qui suis une pauvre pécheresse [un pauvre pécheur].
Seigneur, donnez-moi toujours l’absolution.
Seigneur, faites que je meure en état de grâce.
Seigneur, préservez-moi du péché mortel.
Seigneur, je vous offre ma journée ».



[1] Extraits de la Déclaration de l’évêque du lieu, Mgr Augustin MISAGO, lue le 29 Juin 2001 dans la cathédrale de Gikongoro.
Pour mieux découvrir les apparitions de Kibého, on pourra lire : 
A. MISAGO, Les apparitions de Kibeho au Rwanda, Kinshasa 1991.
Hildegarde UFITAMAHORO, À Kibého, la Mère du Verbe nous parle !  (Amazon).