De Lourdes à Tournai

1 detail photo ancienne grotte

Les apparitions de Tournai rappellent les apparitions de Lourdes

Les apparitions ont commencé dans la cour d'une école, au-dessus d'une grotte de Lourdes (disposée, il est vrai, d'une manière un peu originale). 

Mardi 2 mars 1948 : Dans la cour de l’école, au-dessus de la grotte, le midi.
Marguerite : « J’ai vu une étoile. »

Lundi 24 mai 1948 : Dans la cour de l’école, au-dessus de la grotte, le matin.
Une institutrice avait envoyé Marguerite chercher un livre dans une autre classe, celle-ci traverse la cour déserte, et c’est alors qu’elle revoit l’apparition.
Elle a dit : « Je veux qu’on élève ici une grotte avec la statue, telle que je vous suis apparue. »

Par le choix de l’emplacement, les apparitions de Tournai se réfèrent directement aux apparitions de Lourdes.
Du 11 février au 16 juillet 1958, la Vierge apparait 18 fois à Lourdes.

Avant de présenter les apparitions de Lourdes d'une manière plus détaillée, un chant des choeurs de saint Michel en donne un aperçu poétique : 

« O ma douce, ma colombe, blanche immaculée, tu tiens toujours cachée, au creux de ton rocher.
Toujours, tu te laisses trouver, aux quêteurs de vérité, tu révèles ta beauté.
Par toi, resplendit la vie, la lumière du vrai soleil ;
enserré est ton habit, dans l’azur venu du ciel.

Posant les yeux sur tes enfants, les harmonies de ta voix, les mélodies de tes chants les remplissent de ta joie.
La chaleur de ton sourire, comme un doux feu, nous attire, elle fait nos cœurs se réjouir, et ton amour, nous envahir.
 A tes pieds agenouillés, nous venons te contempler, par l’amour, et ton chapelet, tu nous ouvres l’éternité. »[1]

Son message : pénitence, pénitence, pénitence, priez pour la conversion des pécheurs, allez boire à la fontaine et vous laver, que l’on vienne ici en procession, et qu’on y bâtisse une chapelle...

Le Cantique des cantiques dit : « L’hiver est passé… le figuier forme ses premiers fruits… Lève-toi ma bien-aimée, ma colombe, fais-moi entendre ta voix… »
Et le 25 mars 1958, fête de l’Annonciation au cours de laquelle l’ange salua Marie comblée de grâce, c’est la 16° apparition de Lourdes, et Marie nous révèle son nom : « Je suis l’Immaculée conception ».

« Comme un soleil levant sur notre terre, tu viens nous dire ton nom Marie,
tu nous fais contempler la beauté de Celui qui t’a fait, Immaculée.

Comme un soleil levant sur tous les frères, tu fais jaillir en nous la vraie lumière,
ton amour, tu nous fais voir la vérité, qui nous vient par ton cœur, Immaculée. »[2]

[1] Extrait - chœurs de saint Michel, « Marie par la France visite le monde », diffusion Mariamultimedia.
[2] Extrait - chœurs de saint Michel, « Marie par la France visite le monde », diffusion Mariamultimedia.

 

Lourdes (1858)

 

Emission radio Maria France du 4 février 2019 (texte approximatif). 

Les apparitions de Lourdes à Bernadette ont eu lieu parce que Bernadette, qu’on avait envoyé à Bartrès pour protéger sa santé, a voulu rentrer à Lourdes rejoindre sa famille pourtant très mal logée, et cela dans le désir de faire sa première communion.

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Bernadette est née à Lourdes, le 7 janvier 1844, au Moulin de Boly. Ses parents, Louise et François Soubirous, sont des meuniers qui gagnent dignement leur vie. Bernadette appellera cette demeure « le moulin du bonheur ».

Ave Maria ! Le moulin du bonheur est aussi une préfiguration de l’Eucharistie que Bernadette désirera tant recevoir. L’Eucharistie, c’est offrir le pain. Et recevoir en nous la vie du Créateur qui palpite dans nos veines, et dans tout ce qui existe. L’Eucharistie, c’est le grand remerciement, la reconnaissance du don de Dieu, c’est reconnaitre l’amour du Créateur qui soutient l’existence de toute la nature qui nous entoure, du ciel, de la pluie qui abreuve la terre, du blé qui ondule au soleil, du pain qui nous fortifie. Seigneur je reconnais ton amour créateur, je t’aime, je te remercie. Magnificat, mon âme exalte le Seigneur ! Ainsi commence la vie eucharistique !

-2- 

Auprès de ses parents, Bernadette fait une découverte très importante dans l'existence de tout homme, de toute femme : la beauté et la grandeur de l'amour humain. Cette expérience fera d'elle une personne profondément équilibrée, surtout au moment de l'épreuve.

En 1850, l’état de santé de Bernadette (qui a 6 ans) s’aggrave : elle souffre d’asthme mais aussi de maux d’estomac et de la rate.

Ave Maria ! Le Seigneur veut habiter chacune des joies humaines, chacune des douleurs humaines. Sans le savoir, Bernadette se prépare à vivre l’Eucharistie, car l’Eucharistie, c’est partager le pain. C’est vivre en communion les uns avec les autres de sorte que nous pouvons offrir au Seigneur la vie de tout être humain, chaque battement de son cœur, chacune de ses joies, chacune de ses douleurs. Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent, saint est son nom !

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François Soubirous, le père de Bernadette, se crève un œil en repiquant les meules du moulin devenues trop lisses : son œil gauche a été atteint de plein fouet par un éclat. En 1854, l'année des 10 ans de Bernadette, la famille Soubirous doit déménager. Son père François loue ses bras pour 1,50F par jour. Sa mère Louise fait des lessives ou des travaux agricoles...

Ave Maria ! La très Sainte Vierge elle aussi a connu les déménagements brutaux, notamment la fuite en Egypte pour échapper au massacre du roi Hérode. 

Secrètement, Bernadette se prépare à vivre l’Eucharistie, c’est-à-dire à vivre tous ces événements avec le Christ, en sachant que le Père est toujours présent. L’intercession de Marie veut nous amener à cette vie divine. Et l’Eglise en a toujours fait l’expérience de la disponibilité de Marie, de sa sollicitude incessante, de sorte que les douleurs de la vie ne sont plus du tout comparables. Montfort parle de « la confiture des croix » ou « les croix confites dans le sucre ». « Déployant la force de son bras, il disperse les superbes, il élève les humbles ». 

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Durant l'automne 1855, une épidémie de choléra déferle sur Lourdes. Bernadette en réchappe mais sa santé atteint un nouveau stade de détérioration. Cette fois, l'asthme ne la quittera plus.

Un héritage après le décès de la grand-mère vient rétablir financièrement la situation précaire de la famille. Les Soubirous achètent un peu de bétail et louent un autre moulin. Mais le contrat que François Soubirous signe est ruineux.

Durant l'hiver 1856-1857, les Soubirous dans la misère se résignent à contre-cœur à se séparer de Bernadette. Sa marraine, tante Bernarde, la prend chez elle, comme petite servante (ménage à la maison et service au comptoir du cabaret).

Ave Maria ! L’épreuve qui se présente ici est celle des situations angoissantes. Bernadette a l’âge de comprendre les difficultés financières de son père. L’asthme provoque des sifflements puis un étouffement plus ou moins grave, plus ou moins angoissant. Le service du comptoir d’un cabaret est une situation très exposée pour une adolescente. Durant toutes ces épreuves, Bernadette porte toujours sur elle un chapelet. Vivre avec Marie, c’est marcher en sécurité. Bernadette se prépare en secret à vivre de l’Eucharistie, qui est la vraie manne qui fait traverser les déserts et les dangers de la vie.  

De nos jours, la société offre davantage de protection en cas d’accident du travail. Mais on continue d’expulser des pauvres de leur maison vers des cachots insalubres. On continue d’exposer des adolescentes au danger moral. On continue de jeter en prison des pères de famille innocents. Mais on a oublié le chapelet. Ceux qui n’invoquent pas Marie ne savent pas ce qu’ils perdent… On a remplacé le chapelet par les écrans de télévision. On ne sait plus regarder en haut. Or, avec la prière, on obtient tout. 

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En 1856, une famine est annoncée. Début 1857, à cause du chômage, les Soubirous revenus à Lourdes sont expulsés de la maison Rives et s'installent au cachot, sombre pièce de l'ancienne prison désaffectée, elle mesure environ 4m sur 4m. Une table, une cheminée où l’on cuisine et où l’on sèche le linge pour toute la famille. Un rideau sépare le lit des parents. Une étagère, quelques provisions, quelques couvertures pour les enfants, c’est tout. Qu’il est lointain le souvenir du moulin de Boly, avec ses grandes pièces claires et ses cheminées dans les chambres ! Expulsion, logement trop petit et insalubre, combien de familles du quart monde le vivent encore aujourd’hui ?

Le 27 mars 1857, la gendarmerie débarque au cachot. Elle emmène François Soubirous comme un malfaiteur : deux sacs de farine ont été volés chez le boulanger Maisongrosse et celui-ci accuse le père de Bernadette. Le voilà tombé au rang des voleurs. Il est bientôt innocenté, mais quelle humiliation !

Ave Maria ! La Vierge Marie voit tout, elle ressent toute leur peine. Jésus lui aussi été mis au rang des malfaiteurs. Sa mère a entendu la foule réclamer à sa place la vie de Barrabas. Jésus a passé la nuit dans un cachot nauséabond et glacial. 

Parce qu’il a connu la souffrance, l’amour de Jésus réchauffe le cœur des pauvres qui désespèrent. Parce que Jésus est fiable dans sa relation à Dieu, il peut maintenir la bonté dans les cœurs. 

François Soubirous garde sa dignité. François Soubirous demeure un homme profondément bon, profondément juste, profondément croyant. Et Bernadette le sait. 

Bernadette n’a pas encore fait sa première communion, mais Jésus la prépare.

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En septembre 1857, Bernadette retourne à Bartrès chez sa nourrice Marie Lagües, pour soulager un peu la famille. Pendant la journée, elle garde les moutons, et dans le silence de la montagne, le Seigneur prépare son âme. Le soir venu, sa nourrice lui donne quelques cours rudimentaires de catéchisme, c’est rudimentaire.

Mais Bernadette ne veut pas vivre loin des siens, loin de ceux qu'elle aime tant. De plus, elle a dans son cœur le projet de faire sa première communion et il lui tarde de bien s'y préparer.

Alors, le 17 janvier 1858, elle revient à Lourdes, chez les siens, au cachot, rue des Petits Fossés.

Ave Maria ! Il y a dans la vie des choix qui sont bien peu raisonnables. Des choix qui dépassent les calculs, calculs du nombre de bouche à nourriture, mesure de la température et du risque sanitaire, évaluation scolaire et mesure du décalage avec les autres enfants catéchisés. Tous ces calculs humains s’évaporent quand l’Esprit Saint suscite une nouveauté, inspire un désir qui vient du plus profond de l’âme. 

Vivre l’Eucharistie, c’est faire l’expérience que Jésus est une source jaillissante en vie éternelle… 

L’intelligence humaine calcule et c’est normal. Tout ce qui existe sur la terre peut être compté, mesuré, calculé. De nos jours, on sait même faire des discours en utilisant les statistiques sur des mots clés… Mais les calculs n’ajouteront jamais rien à ce qui existe déjà. 

Mais l’homme doit aussi s’ouvrir à Dieu, il doit aussi regarder en haut, il doit s’adresser à son Créateur, demander la vie à son Créateur. Non seulement individuellement, mais tous ensemble. C’est le Créateur qui instaure des possibilités nouvelles. 

Les calculs ne suffisent pas. Lourdes est une possibilité de vie nouvelle. C’est un message non seulement pour les particuliers, les pauvres, les malades, mais pour la société tout entière. L’homme doit s’adresser à son Créateur, demander la vie à son Créateur. Non seulement individuellement, mais tous ensemble. C’est le Créateur qui instaure des possibilités nouvelles. 

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Et le 11 février, alors que Bernadette part avec les autres chercher du bois, dans le froid, près d’une grotte souillée par des cochons, en se déchaussant pour traverser l’eau glaciale… commencent les apparitions. 

Lourdes et Maximilien Kolbe : Conçue Immaculée... Immaculée Conception

Emission radio Maria France du 4 février 2019 (suite et fin). 

Saint Maximilien Kolbe n'a été qu'une seule fois à Lourdes, le 30 janvier 1930. Il y était venu pour demander la bénédiction de la Mère Immaculée avant son départ en mission en Extrême Orient[1].

En 1854, quatre ans avant les apparitions de Lourdes, le pape Pie IX a défini le dogme de Marie immaculée en sa conception. 

Mais 

En 1858, à Lourdes, Marie a dit : « Je suis l'immaculée conception ». Et l'on comprend que le curé de Lourdes ait vacillé sous le choc en disant : « une dame ne peut pas porter ce nom là ! »[2]. Car ce titre ne semble pas découler directement de la définition du dogme : l'expression n'a pas une signification passive (je suis conçue immaculée), mais une signification active (je suis conception). 

Saint Maximilien Kolbe méditera ce mystère toute sa vie. 

Immaculée Conception, « ce nom doit lui être cher parce qu'il signifie sa grâce d'origine, qu'elle a reçu dès le premier instant de son existence, et nous savons que le don premier est toujours le plus cher. [...]
Immaculée Conception ne signifie pas, comme certains le pensent, que la Sainte Vierge n'avait pas de père sur la terre. Elle est sortie, comme tous les enfants de la terre, du sein d'une famille, et elle avait un vrai père et une vraie mère. 

Elle est  "conçue" : donc elle n'est pas Dieu, qui n'a pas de commencement, ni un ange créé immédiatement par Dieu... »[3] 

« Qu'est donc l'Immaculée ? Qui la comprendra parfaitement ? Marie, Mère de Dieu, l'Immaculée, mieux : l'Immaculée Conception, comme elle a voulu elle-même se dénommer à Lourdes. 
Ce que veut dire mère, on le sait, mais 'de Dieu', on ne peut le comprendre par la raison, dans notre cerveau limité. 

Seul Dieu sait parfaitement ce que veut dire : 'Immaculée'. 

Conçue immaculée, on le comprend un peu, mais 'Immaculée Conception', c'est plein des plus consolants mystères. »[4] 

La communion eucharistique est un merveilleux échange. Le prêtre offre le pain, le pain est consacré, ce n’est plus du pain, c’est Jésus donné en nourriture. Et nous, nous offrons notre vie, et notre vie est consacrée, c’est la vie divine qui vit dans nos vies. Et ce merveilleux échange se fait par la médiation maternelle de Marie. 

Françoise Breynaert

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Marguerite et le père René Laurentin, 31 mai 2013

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[1] P.G.M. Domanski, Lourdes et le père Maximilien Kolbe, Rome 1974, avant propos, p.3).

[2] R. Laurentin, Récit authentique des apparitions, Editions Lethielleux, p. 225.

[3] Père Kolbe, Ebauche, 1940. Cité dans H.M. Manteau-Bonamy, La doctrine mariale du Père Kolbe, Ed. Lethielleux Paris 1975, p. 32-34

[4] Père Kolbe, Lettre au P. Antoine Vivoda, 12 avril 1933. Cité dans H.M. Manteau-Bonamy, La doctrine mariale du Père Kolbe, Ed. Lethielleux Paris 1975, p. 32